Thomas Piketty dans son livre Le capital au XXIème siècle annonce que la principale force déstabilisatrice du capitalisme est le fait que le taux de rendement du capital r peut être fortement et durablement plus élevé que le taux de croissance g ( r>g ): une fois constitué le capital se reproduit tout seul, plus vite que ne s’accroît la production. Cette force déstabilisatrice implique nécessairement des inégalités redoutables. Il est presque inévitable que les patrimoines hérités dominent largement les patrimoines constitués au cours d'une vie de travail, et que la concentration du capital atteigne des niveaux extrêmement élevés, et potentiellement incompatibles avec les valeurs méritocratiques et les principes de justice sociale qui sont au fondement de nos sociétés démocratiques modernes.
Revenons aux définitions:
- r: taux de rendement du capital: mesure ce que rapporte un capital au cours d'une année, quelle que soit la forme juridique que prennent ces revenus (profits, loyers, dividendes, intérêts, royalties, plus-values...) exprimé en pourcentage de la valeur du capital investi. L'ordre de grandeur dans les pays riches en 2010 est 5%
- g: accroissement annuel du revenu et de la production. Historiquement il ne peut guère dépasser 1%-1,5% sur le long terme.
La proposition de Thomas Piketty pour contenir la progression sans limite des inégalités patrimoniales mondiales est un impôt progressif annuel sur le capital: 0,1% à 0,5% pour les patrimoines inférieurs à 1 million d'euros, 1% entre 1 et 5 millions d'euros, 2% entre 5 et 10 millions d'euros et pouvant monter jusqu'à 5% ou 10% par an pour les fortunes de plusieurs centaines de millions d'euros ou de plusieurs milliards d'euros.
Il n'est pas pour taxer plus les revenus du capital, ce qui pourrait faire passer r en dessous de g, car cela ne permettrait pas l'accumulation initiale du capital et pourrait abaisser encore plus le taux de croissance.
Cet impôt annuel sur le capital demande une coopération mondiale importante.
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